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Dernière modification
le 01/06/11

Conseils aux opérés de la thyroïde

 

Ce document, à lire pendant votre hospitalisation, à relire une fois par an, vous permettra de vous surveiller, d'éviter une complication ou une rechute et de savoir quand consulter.

 

1 – A quoi sert la thyroïde?
La thyroïde est une glande située à la base du cou, devant la trachée et l’œsophage. Elle fabrique, avec l’iode, des hormones (la T4 qui est transformée en T3). La T3 règle plusieurs activités du corps, notamment la chaleur, l’activité physique, le maintien du poids, l’activité intestinale, les battements du cœur et, chez l’enfant, la croissance. Cette glande est contrôlée par une autre hormone secrétée dans les centres nerveux de la tête (la TSH).
Les hormones thyroïdiennes sont indispensables mais la glande ne l’est pas car on peut remplacer la sécrétion de votre thyroïde par la prise quotidienne de thyroxine par la bouche. Cette hormone de synthèse est absolument identique à l’hormone naturelle. En cas d’ablation partielle ou totale de la thyroïde, la quantité qui vous est nécessaire est facile à déterminer d’abord d’après vos impressions personnelles (voir page suivante : hypothyroïdie, hyperthyroïdie) puis plus précisément par une prise de sang. Dans tous les cas nous pourrons vous équilibrer parfaitement et vous mènerez une vie normale. Il suffira d'effectuer un seul dosage par an. Nous vous conseillons de la faire le mois "anniversaire" de votre opération pour ne pas oublier. Les dosages destinés à régler un traitement par la Thyroxine nécessitent impérativement que le traitement n’ait pas été modifié durant le mois précédant la prise de sang, sinon le résultat ne serait pas interprétable. Pour des raisons d’économie et parce qu'il est inutile de doser les deux en même temps, ne dosez que la T3 ou la T4. Mais le plus souvent il suffit de doser la TSH ; si elle est normale, T3 et T4 le sont aussi.

 

 

2 – Comment évaluer son état ?
Deux sortes de maladies peuvent survenir, simultanément ou isolément :

  • Une augmentation de volume appelée :
    • goitre lorsqu'elle concerne toute la glande,
    • nodule lorsqu'elle est limitée à une zone,
    • kyste lorsqu'elle ne contient que du liquide
  • Lorsque l’augmentation de volume est importante, la thyroïde peut comprimer progressivement la trachée (gênant la respiration), l'œsophage (empêchant d'avaler) ou les nerfs des cordes vocales (modifiant la voix).

Un dérèglement de la sécrétion des hormones thyroïdiennes :

  • quand elle est diminuée, c'est l'hypothyroïdie : l'insuffisance d'hormones entraîne un ralentissement de toutes les activités et une augmentation du poids ;
  • quand elle est augmentée, c'est l'hyperthyroïdie : l'excès d'hormones provoque une augmentation de toutes les activités, un amaigrissement et plus tard des complications cardiaques. Celles-ci sont parfois révélatrices du dérèglement.

Pour apprécier l'état de votre thyroïde, il faut évaluer son volume et la sécrétion des hormones

  • Le volume : la palpation suffit dans la plupart des cas pour préciser l'existence d'un goitre, son volume et la présence ou non de nodules. L'échographie est utile parce qu'elle donne des dimensions précises de la thyroïde, des nodules et éventuellement des ganglions. La scintigraphie permet de distinguer la nature du goitre ou des nodules mais est rarement indispensable.
  • Les dérèglements de la sécrétion peuvent être suspectés devant les signes suivants :
    • pour l'hypothyroïdie : prise de poids inexpliquée, fatigue excessive, chute des cheveux ou des sourcils, constipation ou frilosité récentes;
    • pour l'hyperthyroïdie : tremblements et hypernervosité récents, palpitations, sueurs, diarrhée, amaigrissement.
      Ils doivent être confirmés par les dosages sanguins car tous les symptômes précédents peuvent être dus à d'autres causes. Il faut donc faire ces dosages en cas de doute et notamment avant tout changement si vous êtes traité par la Thyroxine puis un mois plus tard pour s'assurer que la nouvelle dose vous convient parfaitement.

3 - Quelle maladie avez-vous eu?
Nodule chaud
Ce nodule est appelé chaud parce qu'il sécrète des hormones thyroïdiennes. Il est sans conséquence grave ; mais, s'il devient "autonome", il peut conduire à une variété d'hyperthyroïdie localisée, l'adénome toxique.

Nodule froid
Ce nodule ne sécrète pas d'hormone thyroïdienne. Les petits nodules froids doivent être surveillés notamment en analysant les cellules prélevées par cytoponction. Les nodules froids plus gros ou en augmentation doivent être opérés en raison du risque de transformation en cancer. Durant l'opération, le nodule est examiné au microscope :
- neuf fois sur dix, il n'y a pas de cellules cancéreuses ; le chirurgien, par une petite incision, n'ôte que le côté de la thyroïde où se trouve le nodule ;
- une fois sur dix, il y a des cellules cancéreuses, le chirurgien ôte, par une plus grande incision, toute la thyroïde et le tissu environnant pour éviter définitivement l'évolution d'un cancer.

Goitre multinodulaire
Il compense souvent une difficulté à sécréter une quantité suffisante d'hormone. Son augmentation de taille, imprévisible, peut entraîner une compression des organes voisins, notamment de la trachée. D'autre part, il peut contenir des cellules cancéreuses dans les nodules froids.

Hyperthyroïdie
On en distingue quatre variétés selon qu'il s'agit d'un goitre diffus, d'un nodule unique ou d'un goitre multinodulaire :

  • la maladie de Basedow,
  • le goitre basedowifié,
  • l'adénome toxique,
  • le goitre multihétéronodulaire toxique (G.M.H.N.T).

Dans tous les cas, l'augmentation de la sécrétion d'hormone entraîne des troubles gênants pour la vie quotidienne. Parfois elle est responsable de complications cardiaques.
Trois sortes de traitements peuvent être proposés : médical, isotopique et chirurgical. L'équipe endocrinologique médico-chirurgicale vous conseille le traitement le mieux adapté à votre problème. Si on choisit la chirurgie, l'opération est fonction de la variété d'hyperthyroïdie ; elle n'est effectuée qu'après une préparation médicale d'un mois.

 

 

4 – Quelle opération avez-vous subie ?
Thyroïdectomie partielle
Elle peut être limitée à un côté : lobectomie unilatérale avec résection de l’isthme ; ou être étendue aux deux côtés : lobectomie totale d’un côté associée à une lobectomie partielle du côté opposé.
Si la glande restante semble soit de qualité, soit de volume insuffisants, on vous demandera d’avaler, chaque matin durant toute votre vie, une petite dose de Thyroxine. Si vous ne le faites pas, ou si vous arrêtez après plusieurs années, vous risquez la survenue soit d’une hypothyroïdie, soit d’une récidive du goitre.
Si la glande restante semble de qualité et de volume suffisants et que les dosages un mois après l'opération sont normaux, vous n’aurez pas de traitement.
Un dérèglement ultérieur survient rarement. Pour le dépister, il suffit une fois par an de palper votre cou et de doser la TSH. C’est facile et suffisant.
En cas de doute, consultez votre médecin. Il vous prescrira un dosage et une échographie.
Thyroïdectomie totale
Elle est faite dans deux circonstances :
- soit en cas de goitre multinodulaire, lorsqu’aucune zone de thyroïde ne paraît conservable sans risque de récidive.
- soit en présence de cellules cancéreuses pour éviter une évolution défavorable. Un traitement complémentaire et une surveillance sont habituellement nécessaires. Leur durée dépend du type et de l’extension du cancer. Le pronostic dépend autant de ce qui a été fait initialement que de la qualité de la surveillance ultérieure.
Elle oblige à la prise de Thyroxine. Un dosage hormonal annuel est habituellement suffisant pour ajuster la dose de Thyroxine qui vous est nécessaire.
Les risques d'une opération
Même si les complications sont très rares, il n’y a pas d’opération sans risque. Ils concernent principalement la voix qui peut nécessiter une rééducation et le manque de calcium qui peut nécessiter un traitement par la bouche. En effet la thyroïde est située en avant des nerfs récurrents qui contrôlent la mobilité des cordes vocales et des glandes parathyroïdes qui règlent le métabolisme du calcium. Votre chirurgien fera tout son possible pour les préserver, mais les difficultés sont variables et une complication temporaire ou plus rarement définitive est toujours possible.

 

5 – Que devez-vous faire ?
Après toute opération de la thyroïde :

  • Soignez votre cicatrice :
    • retirez les collants 7 jours après leur mise en place,
    • ensuite, nettoyez doucement la cicatrice à l'eau et au savon,
    • protégez-la des coups de soleil avec un petit foulard, pendant les 3 premiers mois,
    • un mois après l'opération, assouplissez-la, en décollant doucement la cicatrice entre pouce et index, avec la pommade prescrite à la consultation. Mais, abandonnez cette pommade si elle entraîne des rougeurs ou des boutons.
  • Ayez un mode de vie sain :
    • pendant la convalescence, reposez-vous, mais sortez tous les jours.
    • après la convalescence, reprenez vos activités,
    • mangez normalement mais sans excès,
    • évitez l'énervement par une vie équilibrée.
  • Si on vous a prescrit de la Thyroxine :
    • prenez-la tous les matins,
    • ne cumulez pas le lendemain en cas d'oubli,
    • ne cessez pas d'en prendre sans autorisation,
    • en début de traitement, diminuez si vous avez l'impression d'être en hyperthyroïdie.
  • Consultez :
    • votre Chirurgien, 1 mois après l'opération et en cas de récidive,
    • votre Médecin ou votre Endocrinologue, une fois par an et en cas de troubles.

Après thyroïdectomie totale :

  • Si le goître était bénin, la dose de Thyroxine doit être parfaitement ajustée grâce à un dosage annuel de TSH. Durant la période entre deux dosages, consultez votre Médecin ou votre Endocrinologue en cas de troubles.
  • Si votre thyroïde contenait des “ cellules cancéreuses ” consultez l’équipe médicochirurgicale périodiquement. Cette surveillance comporte habituellement :
    • Tous les ans : dosages sanguins (thyroglobuline ou thyrocalcitonine selon les cas), palpation du cou et, éventuellement une échographie.
    • Périodiquement des examens en médecine nucléaire. Il est indispensable de ne pas être enceinte lors des bilans isotopiques.
    • La durée et les modalités de la surveillance dépendent du type de cancer et de son extension. Pendant toute cette période, la TSH doit être proche de zéro tout en gardant une T3L normale. Inutile de doser la T4L. Le but de cette « frénation » est de supprimer toute stimulation d’une éventuelle cellule restante.
    • N'abandonnez pas la surveillance sous prétexte que tout va bien avant la durée qui vous a été précisée, en général 15 à 20 ans.

 

 

 

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